La camargue

Sur le delta du Rhône, il est des terres grises
Où l’eau stagne et moisit, clapotant sous la brise
Qui courbe des roseaux effrangés par le temps.
C’est la terre du ciel, le pays des étangs

Où courent des oiseaux aux longues pattes fines.
La boue y prend parfois des teintes arlequines
Sous le soleil ardent qui brûle le Midi,
Et des mondes bien clos y frôlent l’infini…

Il y a des chevaux au pelage d’ivoire
Côtoyant en douceur d’énormes brutes noires
Paissant placidement. Leurs cornes en arceau
Cisaillent les nuées en osmose avec l’eau

Qui jaillit en giclant sous leurs énormes pattes.
C’est une terre grise et marquée des stigmates
Du temps où le déluge avait noyé le monde ;
La boue qui y croupit n’y est jamais immonde.

L’on y voit quelquefois d’étranges escadrilles
Y prendre leur essor, et leurs ailes scintillent
De gouttelettes feu comme le grand soleil :
Des flamants rutilant dans le couchant vermeil…

C’est un pays bizarre et une terre grise
Qui murmure tout doux, effleurée par la brise
Ou parfois cahotée par les coups du mistral
Qui tente de briser un vieux monde ancestral.

Vette de Fonclar

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